Les demandeurs d’asile somaliens ne sont pas sûrs de pouvoir rester aux Pays-Bas. Les députés néerlandais ont débattu au Parlement ce jeudi du sort des sans-papiers qui avaient dû évacuer leur campement de fortune de Ter Apel, petite ville du nord des Pays-Bas.
Le campement avait été installé en signe de protestation contre l’expulsion imminente des sans-papiers. Les intéressés affirmaient que leur vie aurait été mise en danger en cas de retour dans leur pays d’origine.
Choqués
Je ne comprends pas le raisonnement néerlandais, se lamentait encore Abdullah Yusef au micro de RNW la semaine dernière, avant le démantèlement du camp. Yusef, un réfugié somalien de 34 ans, vit dans les rues aux Pays-Bas depuis 3 ans. "Je n’ai ni maison, ni de quoi manger ou boire, ni assurance-vie. Ici, même les animaux ont leur propre hôpital, leurs propres ambulances. Je suis choqué de l’attitude des Pays-Bas, je suis choqué de la manière dont ils nous traitent."
Peu après, la police néerlandaise avait fait usage de la force pour déloger le campement des sans-papiers. Les réfugiés venant d’Irak, Somalie, Erythrée et Ethiopie durent partir.
Débâcle
Tofik Dibi, député du parti des Verts de gauche et Joel Voordewind, du petit parti chrétien orthodoxe, la ChristenUnie, ont décrié la façon dont les sans-papiers avaient été délogés. Ils parlaient même de ‘débâcle’.
Un groupe de sans-papiers irakiens ont pu être relogés au moins jusqu’au 15 juin prochain, grâce à l’intervention du ministre néerlandais de l’Immigration, Gerd Leers. Avant cette période, le ministre va consulter son homologue irakien pour définir une politique de retour spécifique pour ce groupe de réfugiés. Mais le sort du plus grand groupe, les Somaliens, reste incertain, souligne Voordewind.
Selon Gerd Leers, un retour forcé n’est pas envisageable à l’heure actuelle. Mais un retour volontaire peut être envisagé vers le Somaliland, petit pays indépendant au nord de la Somalie. Seuls peuvent faire une demande d’asile les Somaliens qui en cas de rapatriement, seraient obligés de rentrer dans une région occupée par les Shebab.
De plus, le ministre a promis d’engager prochainement des discussions avec les autorités somaliennes afin d’élaborer une politique appropriée de retour en toute sécurité, ce qui donnera sans doute plus de clarté aux sans-papiers de Ter Apel.