Au Tribunal spécial pour la Sierra Leone, l'accusation "recommande" une peine de 80 ans de prison contre l'ancien président du Liberia Charles Taylor, reconnu coupable le 26 avril de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre commis en Sierra Leone, a annoncé jeudi le bureau du procureur.
"La peine recommandée est appropriée pour refléter le rôle essentiel que M. Taylor a joué dans des crimes d'une portée et d'une gravité extrêmes", a déclaré la même source, énumérant les 11 chefs d'accusation, meurtre, viol, pillage, notamment, dont l'ex-président a été reconnu coupable.
Charles Taylor, 64 ans, qui plaidait non coupable, purgera sa peine en Grande-Bretagne en vertu d'un accord avec le TSSL. L'accusation et la défense doivent exprimer leur opinion sur la peine de M. Taylor au cours d'une audience publique le 16 mai devant le TSSL.
L'ancien président du Liberia était devenu le 26 avril le premier ex-chef d'Etat condamné par la justice internationale depuis qu'après la Seconde Guerre mondiale le tribunal militaire international de Nuremberg avait jugé 24 des principaux responsables nazis, en étant reconnu coupable de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre commis en Sierra Leone entre 1996 et 2002.
Président du Liberia de 1997 à 2003, Charles Taylor a selon les juges "aidé et encouragé" une campagne de terreur ayant visé à obtenir le contrôle de la Sierra Leone, dans le but d'exploiter ses diamants, pendant une guerre civile qui a fait 120.000 morts dans ce pays entre 1991 et 2001.
L'ex-président libérien a joué un rôle "crucial" dans les viols, meurtres et actes inhumains, notamment, commis en Sierra Leone par les rebelles sierra-léonais du Front révolutionnaire uni (RUF), en leur fournissant armes et munitions en échange de diamants.