Une statuette congolaise de grande valeur a été découverte récemment lors d’un programme de la télévision néerlandaise. Lors de cette émission, des œuvres ou objets d’art appartenant à des particuliers sont évalués par des spécialistes.
Pour un oeil inexercé, la statuette en question ressemble à une pièce de bois vaudoue habillement taillée ornée de vieux clous en fer. Selon Jaap Polak, expert en art non-occidental qui participe à l’émission, il s’agit d’une pièce extrêmement coûteuse, dont la valeur s’élève à 150.000 euros.
La propriétaire néerlandaise a dit à Jaap Polak avoir hérité de la pièce de son arrière-grand-père. Il l’avait reçue d’enfants dont il s’était occupé durant un voyage en bateau – en guise de remerciement.
Fétiche
La sculpture en bois, recouverte de clous et ayant un miroir sur le ventre, est un personnage ancestral. Taillée au XIXe siècle, elle provient de la province de Bakongo, dans l’actuelle République démocratique du Congo, et appartenait à l’ethnie Bayombé.
Elle se trouvait probablement dans un lieu saint où les gens priaient pour leurs ancêtres. "Dans le miroir, l’homme ‘fétiche’ devait voir ses aïeux", explique Polak, qui fait référence à un sorcier local ayant des pouvoirs surnaturels. "Ils plantaient des clous dan la figurine pour réveiller les ancêtres afin qu’ils restent éveillés et répondent à leurs souhaits."
Occident
Selon Polak, l’art africain est très recherché lors des ventes aux enchères. "En Occident, les gens considèrent l’art africain comme de l’art moderne", ajoute-t-il.
Polak a une opinion sévère du commerce illégal d’art venant d’Afrique. Il fait remarquer que l’UNESCO a établi des règles contre l’importation illégale d’objets d’art.
En même temps, il est reconnaissant à l’Occident pour son rôle dans l’importation. "Si les missionnaires n’avaient pas importé d’objets d’art depuis l’Afrique jusqu’en Europe, ces objets n’auraient pas été conservés par les Africains. Ils n’apprécient pas de la même façon cet art – pour eux, les objets ont un but fonctionnel. Les termites auraient détruit ces objets."
Le futur
Du point de vue de Polak, le Tiers-Monde a d’autres priorités à l’heure actuelle.
"J’espère que dans le futur, les riches Africains, qui sont fiers de leur culture, construiront des musées et des salles d’exposition, des galeries d’art, et qu’ils rachèteront tous ces objets aux musées occidentaux, ainsi que les Chinois le font aujourd’hui."
Et peut-être qu’un jour, ces ‘riches Africains’ auront besoin d’avoir une estimation de la valeur de certains objets. Polak pourrait les inviter à son émission une prochaine fois.