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14 May, 2012 - 14:38

Nucléaire: reprise du dialogue entre l'AIEA et l'Iran, un test avant la réunion de Bagdad

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a exhorté l'Iran à une complète transparence sur son programme nucléaire controversé à la reprise lundi de discussions à Vienne considérées comme un test avant une réunion avec les grandes puissances le 23 mai à Bagdad.  data/files/photo_1336994073016-5-0.jpg

Les discussions entre l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et l'Iran, soupçonné de vouloir se doter de l'arme nucléaire, doivent reprendre lundi à Vienne avec l'espoir de progresser enfin avant une rencontre-clé avec les grandes puissances à Bagdad le 23 mai.

La réunion de deux jours, qui doit se tenir à la représentation permanente de l'Iran auprès des Nations-Unies, sera un test des intentions iraniennes, jugent diplomates occidentaux et experts.

"Un geste clair sur le site militaire de Parchin, par exemple, créerait une atmosphère positive pour Bagdad", indique Bruno Tertrais, maître de recherches à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) à l'AFP.

L'AIEA soupçonne le pays d'avoir procédé sur le site, situé à l'est de Téhéran, à des tests d'explosion conventionnelle pouvant être applicables au nucléaire, ce que l'Iran dément.

Une équipe d'inspecteurs de l'agence onusienne avait affirmé s'être vu refuser l'accès à cette base en janvier et février, ce qui avait conduit au gel des discussions.

Parchin sera de nouveau au coeur des débats à Vienne, indique-t-on de sources diplomatiques, mais rien ne dit que l'Iran est prêt à se montrer conciliant. Le directeur général adjoint, le Belge Herman Nackaerts, mènera de nouveau la délégation de l'AIEA.

Lors d'un récent forum à Saint-Gall, en Suisse, le directeur général de l'agence, le Japonais Yukiya Amano, a déclaré qu'un accès rapide à cette base constituait "une priorité".

Le Japonais avait laissé entendre en mars que l'Iran serait en train d'effacer toute trace d'activité nucléaire à Parchin, insinuation qualifiée de propagande par la République islamique.

L'Institut pour la science et la sécurité internationale (ISIS) a publié le 8 mai sur son site internet des images satellitaires datées de début avril et montrant des activités autour du conteneur où auraient eu lieu ces tests, laissant penser qu'un nettoyage pourrait être en cours.

"L'Iran devrait immédiatement autoriser les inspecteurs de l'AIEA d'accéder à ce bâtiment" et s'expliquer sur ces activités, estime ce "think tank" américain.

Plus globalement, l'agence onusienne veut trouver un accord avec l'Iran sur ce qu'elle appelle "une approche structurée" visant à résoudre tous les points en suspens concernant une possible dimension militaire du programme nucléaire iranien.

Ces questions ont été soulevées dans un rapport très critique de l'agence en novembre, où elle avait présenté un catalogue d'éléments indiquant que l'Iran avait travaillé à la mise au point de l'arme atomique jusqu'en 2003, et peut-être ensuite, ce que Téhéran avait de nouveau formellement démenti.

"Je n'exclus pas la possibilité" que l'Iran permette aux experts "de visiter certaines parties limitées de Parchin", indique à l'AFP Matthias Küntzel, analyste en sciences politiques à Hamburg, spécialisé dans le Moyen-Orient. "Mais, ce ne serait qu'un succès de façade pour préparer (...) un nouveau succès de façade à Bagdad", prévient-t-il.

Après une reprise de contact jugée positive en avril à Istanbul, le Groupe 5+1 (Etats-Unis, Chine, Russie, France, Grande-Bretagne et Allemagne) et l'Iran devraient entrer le 23 mai à Bagdad dans le vif du sujet.

Téhéran a notamment suggéré qu'il serait prêt, sous condition, à accepter de renoncer à l'enrichissement d'uranium jusqu'à 20%, au coeur de son conflit avec les grandes puissances. Selon le quotidien Los Angeles Times, les Etats-Unis pourraient envisager de laisser le pays enrichir à un faible degré de pureté pour produire de l'électricité.

Enrichi jusqu'à 90%, l'uranium entre dans la composition de l'arme atomique.

L'Iran fait l'objet de six résolutions des Nations-Unies pour son programme nucléaire, dont quatre assorties de sanctions, notamment pour ses activités d'enrichissement.