Une exposition surprenante a effectué une tournée au Nigeria la semaine dernière. Le musicien hollandais de réputation internationale Marcel Worms a exécuté de nouvelles variantes classiques du morceau Water No Get Enemy de Fela Kuti, créées par des compositeurs nigérians. La musique était accompagnée d'oeuvres d'artistes contemporains et des photographes. Pour la circonstance, les villes de Lagos, d’Abuja, de Jos et d’Ibadan ont abrité l'exposition.
Par Peter Vlam
Langue universelle
Les universités de Jos et d’Ibadan, ou encore l'hôtel Hilton d'Abuja, ont connu un jour pas comme les autres. Le pianiste hollandais Marcel Worms a exécuté des oeuvres classiques avec pour thème : l'eau. En plus de revisiter les oeuvres de Claude Debussy, Charles Griffes et Luciano Berio, il a interprété celles de compositeurs nigérians. Quasiment tous les morceaux joués avaient un rapport avec "l'eau".
Au départ de ce voyage artistique, une interaction entre la musique occidentale et non occidentale. Selon Marcel Worns, "La musique est une langue universelle. C’était donc un véritable plaisir d'échanger avec les étudiants et élèves et les spectateurs. J'ai sollicité la participation de deux compositeurs nigerians pour la composition d'oeuvres nouvelles sur un thème inspiré de la chanson Water No Get Enemy de Fela Kuti. Le résultat était étincelant. J'ai joué de leur musique durant la tournée". Ayo Oluranti a composé Omi. Seun Owoaje pour sa part a composé Impression in blue on water.
Susciter l’attention
La musique faisait partie d'une plus grande exposition composée de vidéos, de photos et de tableaux, toutes des œuvres d'un groupe d'artistes africains sélectionnés, établis et en vogue. Les initiateurs du projet ont essayé de susciter l'attention sur les questions relatives à l'eau, tel son usage, sa disponibilité, son approvisionnement, les potentielles menaces auxquelles elle est exposée et sa rareté paradoxale dans un monde fait d'eau à 75 %.
Selon Azu Nwagbogu, directeur de la Fondation de l'artiste africain et organisateur de l'exposition, en partenariat avec l'ambassade des Pays-Bas, "En organisant ce spectacle, nous avons essayé d'effectuer une combinaison synesthétique d'arts visuels et musicaux. Nous désirions relever l’imminence à l’échelle mondiale de la future grande rareté de cette denrée qu’est l’eau. L'eau est vitale pour nous. Notre objectif était de créer une interprétation contemporaine de haute qualité du chef d'œuvre de Fela Kuti, en combinant le travail des visualistes et des musiciens".
Sonorités mondiales
Les travaux des compositeurs nigerians font partie du projet spécial "New Blues for piano", sur lequel Worms travaille. Depuis 1997, environ 200 morceaux de Blues ont été composés dans le cadre de ce projet, dont certains provenant de 50 pays différents de par le monde, de Moscou à Shanghaï, Mexico City et Khartoum. L'idée est de créer un paysage riche en sonorités mondiales et ayant toutes un style (le Blues) et un instrument (le piano) en partage. Ceci devra mettre en relief les différences des contextes culturels existant entre divers artistes.
Outre de se produire, Worms a tenu des ateliers sur la musique classique. Son technicien Theo Dekker travaillait sur des pianos en divers états. La plupart des temps, ils avaient besoin d'être accordés et entretenus.
Deuxième volet sur les initiatives en faveur l'eau, cliquez ici pour lire le premier volet sur l'implication les entreprises néerlandaises dans la distribution d'eau en Afrique.