Des personnes âgées couvertes de bleus et de blessures, déshydratées ou sous-alimentées, laissées dans un lit sale sans être lavées : dans bien des cas, il s'agit de maltraitances. Le 15 juin est la Journée mondiale de lutte contre la maltraitance des personnes âgées. La première étape commence par la prise de conscience du fléau.
Tout comme les enfants, les personnes âgées sont souvent dépendantes. Elles peuvent d'autant moins s'occuper d'elles-mêmes qu'elles ont parfois une santé déficiente. De même qu'il existe une maltraitance des enfants, on rencontre la maltraitance des personnes âgées. Ce phénomène concerne environ 10% de la population mondiale âgée.
La maltraitance des personnes âgées est un sujet d'actualité depuis la fin des années 90. En 1997, le réseau international INPEA a été créé : International Network for the Prevention of Elder Abuse (Réseau international pour la prévention des abus sur les personnes âgées). Des organisations venant de 60 pays et des Nations unies y sont représentées.
Moins reconnue
"La plupart des pays se préocuppent de trouver une solution au problème de la maltraitance des personnes âgées. Le Japon et l'Australie ont déjà fait du chemin dans ce domaine, mais de nombreux pays ne sont pas encore si avancés, explique Mirjam van Dongen, la représentante néerlandaise du réseau. "En règle générale, les pays sont encore au niveau de la prise de conscience du problème et de la mise en place de structures. De toutes les formes de violence domestique, c'est la maltraitance des personnes âgées qui est la moins reconnue."
La violence dans la rue, par exemple un vol à l'arraché. Ou un colporteur qui arnaque les personnes devant leur porte : dans certains pays ces cas sont considérés comme de la maltraitance des personnes âgées, dans d'autres non. L'Organisation mondiale de la Santé des Nations unies (OMS) utilise en gros les mêmes critères que ceux des Pays-Bas.
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Co-locataires
Il existe 6 formes de maltraitance des personnes âgées : maltraitance physique et psychologique, négligence, escroquerie financière, abus sexuels et violation des droits des personnes de plus de 65 ans. Dans presque tous les cas, la personne âgée maltraitée est en état de dépendance vis-à-vis de son agresseur. Il peut s'agir d'une relation professionnelle, comme par exemple une aide à domicile ou une aide dans une maison de retraite. Mais il arrive aussi que les auteurs soient des co-locataires ou des membres de la famille.
"On fait la distinction entre la maltraitance active et passive. Un critère important est le degré du dommage ressenti par la personne, et qui atteint son intégrité", ajoute Mirjam van Dongen. On peut citer les cas de dépouillements bancaires par un membre de la famille, mais il existe aussi des cas de maltraitances non intentionnées. C'est le cas par exemple d'un proche qui frappe la personne âgée par frustration s'il ne réussit pas à la laver ou à lui donner à manger.
Dans les cultures où les seniors sont énormément respectés, comme en Afrique, il peut y avoir de gros problèmes. "La façon de considérer les personnes âgées est importante, mais il existe toutes sortes de facteurs de risque. La misère et les problèmes de santé peuvent aggraver le risque de maltraitance", résume Mirjam van Dongen. Elle est également la présidente de la plateforme nationale pour le combat contre la maltraitance des personnes âgées (LPBO), qui existe depuis 2004 aux Pays-Bas.
Plan d'action
Les chiffres varient selon les pays, allant de 5 à 10% des personnes âgées. Les variations sont causées par les définitions différentes du phénomène, mais aussi par l'attention portée par la société au sujet. La mauvaise connaissance du problème était importante au début. la LBPO a publié les chiffres de 2011 ce week-end. Comparés avec 2010, ils indiquent une augmentation de 16% avec 994 cas recensés. La raison en est inconnue.
Le gouvernement néerlandais a lancé un plan d'action en mars 2011. Prise de conscience et prévention en sont les maîtres-mots. Une information adéquate donnée aux bénévoles et professionnels peut porter ses fruits. Il existe une proposition de loi qui obligerait les services de santé et d'éducation à signaler les cas de maltraitances et à les traiter. Ces services pourront alors signaler un problème aux permanences s'occupant des violences domestiques s'il n'y a aucune solution envisageable. La loi n'a pas encore été votée. Certains partis politiques plaident pour des sanctions plus sévères pour cette forme de maltraitance.
Coupures budgétaires pour la santé
Le plan d'action néerlandais est financé par le gouvernement à hauteur de 10 millions d'euros chaque année. Mirjam van Dongen espère que le nouveau gouvernement qui sera formé cet automne ne coupera pas dans ce budget. Le personnel de santé a besoin de temps et de support professionnel pour pouvoir bien faire son travail.