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16 June, 2012 - 18:04

Aung San Suu Kyi va prononcer à Oslo son discours du Nobel de la Paix 21 ans après

L'opposante birmane Aung San Suu Kyi s'est engagée samedi à Oslo à poursuivre son combat pour la démocratie dans son discours d'acceptation du prix Nobel de la Paix au cours d'une cérémonie chargée d'émotion, plus de vingt ans après avoir été récompensée.  data/files/photo_1339873302553-12-0.jpg

L'opposante birmane Aung San Suu Kyi prononce samedi à Oslo son discours d'acceptation du prix Nobel de la Paix qui lui a été décerné en 1991 pour sa lutte en faveur de la liberté dans son pays mais que la junte lui avait empêché de venir recevoir en personne.Cette visite de Mme Suu Kyi à Oslo après quinze années d'assignation à résidence témoigne à elle seule d'un changement politique dans son pays natal où les généraux ont promis de suivre la voie de la démocratie.Lorsque le prix Nobel lui avait été accordé en 1991, la "Dame de Rangoun" avait renoncé à venir le chercher de peur d'être ensuite contrainte à l'exil. Elle était devenue un symbole mondial de l'opposition non-violente.Pour sa première tournée européenne depuis 24 ans, occidentaux et exilés birmans lui rendent hommage. Après la Suisse et la Norvège, elle a prévu de se rendre en Grande-Bretagne, en Irlande et en France.A Oslo, des centaines de Birmans, dont plusieurs avaient peint sur leur visage le drapeau de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), l'ont accueillie vendredi par des fleurs et des chants. Elle a ensuite rencontré le Premier ministre Jens Stoltenberg avant de participer avec lui, le roi Harald et la reine Sonja, ainsi que des députés et des représentants de la communauté birmane, à un dîner au palais d'Akershus.Aung San Suu Kyi, qui aura 67 ans le 19 juin, a été prise jeudi en Suisse d'un malaise mis sur le compte de la fatigue et du décalage horaire. Elle a déclaré vendredi que ce voyage était celui "de la découverte et de la redécouverte, regardant le monde avec des yeux neufs".Le monde qui l'entoure a forcément changé depuis le jour de 1991 où elle a appris à la radio, depuis sa maison de Rangoun, que le prix Nobel de la paix lui avait été décerné.Son époux Michael Aris et leurs deux enfants Kim et Alexander, avaient accepté la récompense en son nom. Quand son mari, qu'elle n'a pas vu depuis quatre ans, meurt d'un cancer en Grande-Bretagne en 1999, elle ne se rend pas non plus aux funérailles de crainte que la junte ne la laisse pas revenir dans son pays.L'année dernière, la mise en oeuvre des réformes par le pouvoir birman a surpris le monde entier, laissant prudemment espérer un véritable changement politique, encouragé depuis par les visites de la Secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton et du Premier ministre britannique David Cameron.Le Président Thein Sein, ancien général, a libéré des centaines de prisonniers politiques, réintégré le parti de Mme Suu Kyi dans le jeu politique du pays et signé des cessez-le-feu avec la plupart des groupes ethniques rebelles, entraînant l'Occident à progressivement lever les sanctions frappant la Birmanie.A son arrivée à Oslo vendredi, la lauréate du Nobel de la Paix 1991 a appelé à la prudence."Nous sommes encore loin du but (...) Nous ne faisons que commencer", a-t-elle déclaré. Et cette voie "sera tortueuse et remplie d'obstacles", a-t-elle averti, promettant pour sa part d'"avancer sur cette voie dans un esprit de réconciliation nationale".Le voyage de Mme Suu Kyi intervient alors que des violences communautaires ravagent la Birmanie. Elles auraient fait 50 morts depuis le 28 mai selon la presse d'Etat.Pour ses admirateurs, la fille du général Aung San, héros assassiné de l'indépendance birmane, est l'un des plus grands défenseurs des droits de l'Homme."Ce n'est pas le pouvoir qui corrompt mais la peur. La peur de perdre le pouvoir corrompt ceux qui l'exercent, et la peur des matraques corrompt ceux que le pouvoir opprime", avait déclaré la "Dame de Rangoun" en 1990 dans son discours le plus célèbre.