Au Gabon, l'opposition a accusé les "violences policières" d'avoir fait trois morts lors de la dispersion à Libreville mercredi de la manifestation interdite de l'Union nationale (UN) dissoute par les autorités, qui ont opposé un démenti formel, parlant de "déclaration politico-politicienne".
"Au moment où je vous parle deux compatriotes sont mortes. Deux compatriotes qui ont perdu la vie à cause de la brutalité des forces de l'ordre. Je vous ai donné les noms et nous avons vérifié", a affirmé Zacharie Myboto, président de l'UN lors d'une conférence de presse à l'issue de laquelle Mike Jocktane, cadre de l'UN a assuré qu'il "y a un troisième décès".
La Procureur de la République de Libreville, Sidonie-Flore Ouwé, a démenti formellement: "C'est une déclaration politico-politicienne. C'est une information non fondée. Aucun incident de cette nature n'a été relevé".
Lors de la conférence de presse, M. Myboto a aussi accusé les policiers d'avoir tiré avec des "balles", exhibant une douille: "La police charge, brutalise, tire avec des balles. Ici vous avez une douille".
L'UN du principal opposant André Mba Obame avait appelé à une manifestation à 15 h 00 dans le centre de Libreville pour réclamer une "conférence nationale souveraine" mais ce rassemblement n'a pas été autorisé par les autorités.
Des affrontements entre opposants, forces de l'ordre et groupuscules ont alors éclaté, avant l'heure prévue de la manifestation, et se sont prolongés jusqu'en début de soirée. Au même moment, entre 2.000 et 3.000 manifestants, qui s'étaient réunis au siège de l'UN se sont dirigés vers le quartier populaire et très pauvre Cocotiers. Ils scandaient des slogans "AMO (Andre Mba Obame), le vrai président" ainsi que "Ali Ben, dégage".
Ils ont été violemment dispersés par les policiers. Armés de gourdins, des jeunes ont jeté des cailloux et des bouteilles vides en direction des policiers qui ont fait usage de matraques et de gaz lacrymogène, procédant parfois à des tirs tendus.
Source : AFP