Après la condamnation de six pirates somaliens la semaine dernière aux Etats-Unis, certaines questions urgentes se posent quant à l’attitude que doit prendre la communauté internationale vis-à-vis des pirates qui continuent à terroriser l’océan Indien.
Les Pays-Bas sont en train de juger cinq Somaliens à Rotterdam selon leur propre droit national pour une tentative de prise d’otages sur un navire néerlandais en 2009.
Mais ainsi que certains observateurs l’ont indiqué, quand les auteurs sont emmenés si loin de la scène de leur délit, l’effet dissuasif en Somalie n’est que bien faible. La menace d’une justice proche de leur pays, s’il y en avait une, serait bien plus efficace.
Qui plus est, les coûts de toute cette logistique déployée pour apporter une solution légale à ce problème sont prohibitifs, car il n’y a aucun système existant.
La Somalie ne possède pas les infrastructures nécessaires pour faire face à ses ressortissants-pirates. Nombreux sont ceux qui sont relâchés par manque de consensus sur le choix du pays qui pourrait les juger. Chaque Etat décide lui-même quelles poursuites il va infliger à ces hommes.
Quel est le prix d’un pirate reconnu coupable ?
Un certain nombre d’agréments maritimes et de traités existent, certains d’entre eux datent de quelques siècles, au moment où les pirates allaient à la recherche de trésors. Cela ne rend pas la tâche facile à ceux qui doivent juger aujourd’hui des pirates qui sont en grand nombre et munis d’armements sophistiqués.
Une source bien informée basée au Kenya, proche des pirates somaliens, déclare à Radio Nederland :’Si les Américains ou les Néerlandais attrapent les pirates là-bas (en mer), il est préférable qu’ils les poursuivent eux-mêmes… Le Kenya a besoin de beaucoup de soutien pour les juger dans leurs propres tribunaux.
La question est-elle donc de soutenir le Kenya en tant qu’Etat le mieux placé pour régler le problème ? Selon les sources contactées par Radio Nederland, "il existe un comportement néo-colonial des Européens, dictant aux Kenyans la manière dont ils devraient procéder… mais ensuite, la faim d’argent des autorités kényanes est sans fin…il n’y a qu’une solution – avoir un tribunal international pour juger les crimes commis sur les mers".
Tribunal contre la piraterie
Il y a une cour à Hambourg en Allemagne appelée le Tribunal international pour le droit maritime, mais il ne s'occupe que des litiges entre les nations.
La Cour pénale internationale à La Haye n'a pas de juridiction concernant la piraterie. Celle-ci n'étant pas liée aux prérogatives de la CPI qui concernent les conflits armés nationaux et internationaux .
L'Union européenne tente de réguler la région de la Corne de l'Afrique avec la mission de son navire Atalanta. Selon le juge Allan Rozas de la Cour européenne de justice, "il s'agit simplement de prévenir le crime de piraterie". Ni l'une, ni l'autre de ces juridictions ne dispose des structures nécessaires pour juger les pirates capturés.
Tendance macabre
Une source anonyme de Radio Nederland appréhende une nouveau sujet de préoccupation, les pirates dans la région des îles Maluku dans le Sud-Est asiatique ont démontré une autre stratégie macabre, les navires sont pris en otage et les équipages sont massacrés.
Combien d'affreuses violences doivent être supportées avant que ce problème de piraterie ne soit sérieusement pris à bras de corps par un tribunal international ? Les Pays-Bas et la Russie soutiennent l'idée d'une juridiction avec des juges nationaux et internationaux qui s'est tenue il y a 14 mois au Kenya. Celle-ci a échoué à cause d'un manque de soutien des Etats membres des Nations unies.