Malgré des progrès, l’inégalité à l’accès à la justice continue d’exister dans le monde.
Dans son rapport annuel sur les droits de l’homme à travers le monde publié ce jeudi, l’organisation humanitaire Amnesty International appelle tous les pays à adhérer à la Cour pénale internationale (CPI).
Selon Tom Mackey, porte-parole d’Amnesty, interviewé par Radio Nederland Wereldomroep, l’inégalité de l’accès à la justice se manifeste non seulement dans la façon dont les gens échappent à la justice pénale, mais aussi dans bien d’autres façons qui forcent les gens à finir leur vie dans la pauvreté ou encore dans la discrimination envers les femmes :
''Ce qui nous inquiète, c’est qu’un trop grand nombre d’auteurs de crimes contre l’humanité s’échappent en n’étant pas traduits en justice mais aussi que certains gouvernements échouent à introduire des droits comme celui à la santé ou à l’éducation, en ne fournissant pas accès aux gens à la justice où ils peuvent revendiquer ces droits.''
Année décisive
Mais il n’y a pas que des mauvaises nouvelles. Amnesty qualifie par exemple 2008 d’''année décisive pour la justice internationale''.
Le rapport signale les procès d’anciens dirigeants d’Amérique latine, comme le Péruvien Alberto Fujimori et l’Argentin Reynaldo Bignone. En même temps, il se félicite du premier mandat d’arrêt lancé contre un chef d’Etat en fonction, le président Omar el-Béchir, et ce par la CPI.
Selon Tom Mackey, ces développements sont un signe que personne n’est au-dessus de la loi. ''Mais nous avons vu bien sûr certaines réactions peu judicieuses de l’Union africaine, qui a refusé de collaborer avec la CPI. Et il y a aussi des pays qu refusent tout examen minutieux ou de rendre des comptes sur leurs actes, comme le Sri Lanka à propos des phases finales de sa guerre contre les Tigres tamouls, dans laquelle les deux côtés ont commis de sérieux abus.''
Statut de Rome
Le rapport appelle toutes les nations à signer le Statut de Rome et à adhérer à la Cour pénale internationale. Sept pays membres du G20, dont la Chine et les Etats-Unis, n’ont toujours pas ratifié le texte:
"Les Etat-Unis ont été vigoureusement opposés à la CPI, mais ensuite ils ont accepté que la CPI ait un rôle au Soudan. Donc la perspective que les Etats-Unis et d’autres pays rejoignent la CPI n’est pas très loin'', estime Mackey.
Et il y a une autre façon, plus immédiate, dont se sert Amnesty pour amener les gouvernements à agir. L’organisation appelle les dirigeants mondiaux qui vont se rencontrer en septembre pour discuter des Objectifs du Millénaire pour le développement à ‘’veiller à ce que ces objectifs ne soient plus des aspirations politiques mais deviennent des droits exécutoires légalement.
Plein d’espoirs
En regardant la situation dans son ensemble, il pense qu’il y a de nombreuses raisons d’être plein d’espoirs.
''111 pays ont ratifié le Statut de Rome et il y a les tribunaux pour l’ex-Yougoslavie, le Cambodge, le Rwanda et la Sierra Leone. Donc il y a des progrès et nous voulons payer tribut à de nombreux défenseurs des droits humains dans le monde qui contribuent à ce combat pour la justice.''
En Afrique, certains gouvernements comme en Guinée ou à Madagascar ont fait excessivement usage de la force et ont commis d’horribles massacres, tandis que l’’Ethiopie et l’Ouganda notamment ont réprimé toute forme de critique.