Kisangani, il y a deux semaines. Les rares informations que j’ai trouvées pour traverser la RDC en utilisant l’imposant fleuve Congo sont extrêmement variées. Après avoir entendu parler aussi bien d’un bateau luxueux aux cabines privées que d’une épave flottante près de sombrer, j’ai finalement l’occasion, aujourd’hui, de me renseigner autour de moi dans le port de Kisangani.
L’illusion d’un bateau luxueux se dissipe rapidement. Ce type de bateau sillonnait les rivières il y a des décennies, avant que les choses ne se désintègrent. A Kisangani, je trouve deux bateaux de marchandises qui se préparent à partir : le MB Victoria ("dix jours seulement") et l’Onatra (qui appartient à l’Etat), qui est meilleur marché mais qui va prendre seize jours.
DGM
Beach Dokolo ne me réserve pas un accueil chaleureux : cinq personnes au moins se mettent à vociférer lorsque je leur tends mon passeport. Des responsables du tristement célèbre service d’immigration DGM me somment de m’enregistrer en différents endroits, m’obligeant ainsi à verser à chaque fois quelques pots-de-vin. Mais une fois franchis tous ces obstacles bureaucratiques, tout semble réglé. Ricky, avec son large sourire, ses chaînes en or et son iPhone, m’a promis que le Victoria me prendrait à bord lors de son départ, dans deux semaines.
Le problème, avec ces bateaux de transport, c’est qu’ils n’ont pas de cabines pour les passagers. Les voyageurs dorment sur le pont, parmi les marchandises. Cela semble risqué : il peut pleuvoir abondamment ces jours-ci. L’autre solution serait de rester à l’intérieur d’une des nombreuses autos qui se trouvent à bord. Cela me procurerait au moins un abri sec, et peut-être aussi quelque confort et sécurité.
Premier volet d'une série de carnets de voyage intitulée Expédition Fleuve Congo. Jeudi 23 juin : Le marché aux singes.