Kisangani, jour 3. C’est le bruit merveilleux de deux barges qui se percutent doucement qui me réveille ce matin. L’autre est de retour ! Mais bien sûr, les paroles de Bajo, qui a dit que nous partirions "dès que l’autre bateau arriverait avec le chargement de bois", étaient trop optimiste. Mes compagnons passagers se sont excusés pour la longue attente. Un autre bateau est parti pour Kinshasa aujourd’hui ; visiblement j’ai fait un mauvais choix quelque part.
Mais est-ce vraiment mauvais ? La soirée est fantastique. Comme je m’ennuyais copieusement, j’ai fait comme mes compagnons passagers et je suis allé boire une bière Primus, la fierté de la RDC. Avec Gaston, accompagné d’une femme qui m’a proposé ses services, en matière de cuisine et autres, sans succès.
Douche en plein air
Afin d’éviter d’utiliser la douche, puante et surchargée (ce même espace de 1m2 fait également fonction de toilettes), je réussis à aller sur dans un endroit à l’écart sur le pont d’un énorme bateau, en cale sèche dans le port de Kisangani et qui semble y rester éternellement. C’est là, à la lumière de la lune et accompagné du bruit des crickets et de la rivière, que je verse un seau d’eau froide du Congo sur mon corps brûlant.
Revenant à la "maison", certains jeunes sont en train de jouer de la musique bruyante. Légèrement éméché par la Primus (uniquement servie en bouteilles de 0,7 litre), je me retrouve rapidement en train de danser sur le pont du bateau voisin. Mungele (l’homme blanc) est en train de danser ! Ensuite, je m’offre une chaise sur le pont arrière, qui se remplit dangereusement à la fois de personnes et de bagages. J’appréhende notre départ. Mais avec la musique congolaise en arrière-fond et la lune qui fait briller le fleuve, je peux apprécier la beauté de tout cela par-delà toutes les déconvenues.
A suivre : La longue attente, troisième volet d'une série de carnets de voyage intitulée Expédition Fleuve Congo.
[related-articles]