Le mystère des femmes qui violent des auto-stoppeurs et leur volent leur sperme continue de préoccuper les Zimbabwéens, après l’arrestation de trois jeunes femmes et leur complice masculin avec un sac de préservatifs remplis de "semence", probablement utilisée pour des pratiques rituelles.
"Maintenant les hommes savent ce que nous endurons lorsqu’ils s’imposent à nous". Telle était la réponse émotionnelle de Namatai, une jeune femme de 22 ans victime de viol, lorsque le mystère des femmes violeuses d’auto-stoppeurs a fait surface il y a un an au Zimbabwe, pays avec des statistiques de viol inquiétantes.
Nkosana Dlamini, Gweru
Attaques indécentes
Les hommes victimes de viol ont pu retrouver quelque peu espoir après l’arrestation de trois femmes et d’un homme d’environ 25 ans soupçonnés de viol, à Gweru, une ville provinciale du centre du pays. La police affirme que l’arrestation des suspects Rose Rosemary Chakwizira, Sophie Nhokwara et Netsai Nhokwara, ainsi que leur complice masculin Thulani Ngwenya, permettra de résoudre le scandale des voleuses de sperme, un phénomène qui semble être très répandu au Zimbabwe.
Les femmes ont été arrêtées lors d’un accident de voiture causé par le complice Ngwenya, alors qu’elles tentaient de récupérer un sac plastique contenant 31 préservatifs usagés, dont trois à moitié remplis de sperme. Les quatre suspects sont accusés de 17 attaques qualifiées d’indécentes, un chef d’accusation équivalent au viol.
Réseau influent
Avant leur arrestation, des dizaines d’auto-stoppeurs, y compris un policier, ont fdéclaraé à la police que des femmes en moto ou en voiture les ont conduits vers des endroits isolés pour les forcer à avoir des rapports sexuels. Les hommes victimes des femmes ont été contraints d’utiliser un breuvage d’excitation sexuelle pendant leur courte période de captivité, pour être ensuite abandonnés après avoir éjaculé dans des préservatifs. Une victime a été menacée avec un serpent se trouvant à l’arrière de la voiture, d’autres menacés avec un pistolet.
Alors que la police perçoit l’arrestation de ces femmes comme une percée dans une des affaires les plus mystérieuses des dernières décennies, le débat sur le sujet préoccupe également les Zimbabwéens. Une étude récente révèle que le "groupe voleur de sperme" semble impliquer un réseau d’hommes d’affaires influents qui payent des prostituées et des enfants de la rue.
Sorcellerie
Cette étude menée début 2011 par le docteur Watch Riparanganda, du département de sociologie de l’université de Zimbabwe, mentionne des hommes d’affaires qui rodent dans les rues obscures de la capitale Harare, payant des enfants de la rue pour avoir des relations sexuelles avec une prostituée, qui leur remet des préservatifs remplis. Selon l’étude, le sperme récolté est remis à des sorciers qui le mixent avec des herbes pour produire des préparations qui apportent richesse et santé. "Le sperme est associé à la conception de la vie et peut donc stimuler les affaires de ceux qui prédisent la santé, la popularité et les profits", cite l’étude qui révèle également que les criminels utilisent la préparation pour échapper aux poursuites.
D’autres pensent que le sperme est utilisé dans le cadre d’un commerce lucratif avec l’Afrique du Sud, où un préservatif rempli rapporte la somme d'environ 200 dollars. Friday Chisanyu, président de l’Association des pratiquants de la médecine traditionnelle au Zimbabwe, confirme l’utilisation clandestine de sperme pour exécuter des sorts d’augmentation des richesses, mais il dénonce la pratique.
"Manne venant du ciel"
Lorsque les premiers incidents ont fait surface, certains hommes zimbabwéens qui visitent des prostituées s’amusaient à l’idée de se faire violer par des femmes, disant que cela était une "manne venant du ciel".
Mais les intentions évidemment mauvaises de ses demandeuses de sexe ont poussé les hommes à réfléchir. "Après cela, j’insiste personnellement pour qu’on me remette le préservatif après avoir eu une relation sexuelle avec une prostituée", dit un certain Gerald Manzini.