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2 December, 2011 - 15:35

La Gambienne Bensouda redonnera du sérieux à la CPI

Luis Moreno-Ocampo et Fatou Bensouda  data/files/teaser_fatou_bensouda.jpg

Procureur général de la Cour pénale internationale (CPI). Actuellement l'un des postes les plus difficiles et délicats qui soient. Mais aussi "le meilleur travail du monde", selon le procureur actuel, Luis Moreno-Ocampo. Tout semble indiquer que la Gambienne Fatou Bensouda prendra son relai au mois de juin prochain. Elle continuera le travail qu’elle a commencé en arrivant à la CPI en 2004 : les dossiers africains.

Fatou Bensouda, 50 ans, a reçu deux cadeaux cette semaine. Jeudi, elle était annoncée comme candidate favorite au poste le plus illustre de la Cour pénale internationale. Mais auparavant : le transfert de Laurent Gbagbo lundi à La Haye, qui est le fruit d’une enquête intensive menée cette année en Côte d’Ivoire. L’ancien président de la Côte d’Ivoire et Bensouda se croiseront lundi dans une des trois salles d’audience de la Cour. Elle l’accueillera dans le calme.

L’Afrique, terrain de jeu de la CPI
Les rumeurs planent depuis un certain temps déjà : le nouveau visage de la Cour sera africain. Il ne pouvait pas en être autrement : l’Afrique est le terrain de jeu du droit international et la Cour pénale internationale est le théâtre de la justice. La majorité des dossiers de la CPI sont africains. Pour cette raison, la Cour a été accusée de colonialisme juridique et de décisions arbitraires. Bensouda devra redresser cette image négative.

Son prédécesseur Moreno-Ocampo avait parfois du mal à faire la promotion de la mission de la CPI : poursuivre les suspects de génocide, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Bensouda, qui maitrise le français et l’anglais, s’exprime plus aisément que le maladroit et mégalomane Ocampo, qui a des manières parfois chaotiques.

Un choix pour la continuité
La Cour deviendra certainement plus sérieuse avec la pragmatique et juridique Bensouda. C’est également le souhait des pays membres (pays ayant ratifié le Traité de Rome, traité fondateur de la CPI, entré en vigueur en 2002 – ndlr) : une juriste modeste, qui fait son travail sans trop d’éclaboussures.

Un choix pour Bensouda est un choix pour la continuité : elle connaît les dossiers et la pratique de La Haye comme personne. La Gambienne, qui a été ministre de la Justice de la Gambie et directrice d’une banque, est arrivée en 2004 à La Haye. Depuis lors, elle a travaillé aux côtés d’Ocampo sur les premières investigations et la préparation des premiers procès de la Cour.

Elle était responsable des enquêtes préliminaires en Côte d’Ivoire, en Guinée et au Nigeria. Pour Bensouda, ces dossiers n’ont pas de secret. Elle connaît les dossiers, mais également les principaux acteurs. C’est primordial, étant donné que la politique l’emporte parfois sur le droit chez un procureur-général.